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lundi 1 juin 2009

Elections régionales au Kurdistan irakien

Jalal Talabani et Massoud Barzani: chefs politico-maffieux


Elections régionales au Kurdistan irakien
BULLETIN DES AMITIES FRANCO-IRAKIENNES
AFI FLASH
n°93
2 juin 2009

Article publié dans Afrique-Asie de juin 2009


Elections régionales au Kurdistan irakien
LES KURDES ENTRE RESSENTIMENT ET COLERE


Le Kurdistan irakien, présenté dans certains médias comme une base avancée de la démocratie au Proche-Orient, retient son souffle. Massoud Barzani, président de la région autonome, a annoncé, après plusieurs reports justifiés par de soi disant problèmes budgétaires, que les élections au parlement régional se tiendront le 25 juillet prochain : 2,5 millions d’électeurs seront appelés aux urnes, et plus de 40 listes seront en lice pour 111 sièges. Voilà pour la façade.

Pour le reste, le plus important pour la population de la région, la situation est préoccupante, sinon catastrophique, que ce soit au plan économique qu’en matière de droits de l’homme. Les membres des tribus Barzani et Talabani trustent les postes décisionnels et dilapident les richesses régionales. Certes, les grandes villes ont des aéroports neufs, des hôtels cinq étoiles, mais l’électricité manque, les services médicaux sont déficients et l’enseignement laissé à l’abandon, ou presque. La corruption bat son plein et des groupes maffieux liés au pouvoir gèrent la contrebande, le trafic de drogue en provenance d’Afghanistan, et l’exportation clandestine de pétrole. L’immigration vers l’Union européenne semble le seul espoir de lendemains meilleurs pour toute une partie de la jeunesse. Moushiwan Mustapha, ancien n°2 de l’UPK (Union Populaire du Kurdistan) dont il a été le fondateur avec Jalal Talabani, compare le système mis en place après 2003 à celui de la Roumanie sous Ceausescu !

Abus de pouvoir, corruption et prisons secrètes

Les médias, à quelques exceptions près, sont aux ordres des deux grands partis. Les journalistes indépendants ne peuvent pas adhérer au syndicat officiel, et la moindre critique provoque en retour intimidations, arrestations et amendes. A Kirkouk, menacée d’annexion, la journaliste Soran Mama Hama, a été assassinée pour avoir critiqué les services sécuritaires kurdes. D’autres, à Erbil et Soulimaniya, ont échappé à des attentats pour avoir dénoncé les abus de pouvoir et la corruption. Pour la publication d’informations dites « confidentielles », Adib Aref, rédacteur en chef du quotidien kurde Hawlati, a été qualifié en 2008 de « traître au service de l’étranger » par le secrétariat de Barzani. Jalal Talabani, en tant que président de la République, s’en est pris aussi à lui, en lui intentant un procès pour avoir publié, en kurde, un rapport du chercheur américain Michael Rubin, qui lui déplaisait. L’ex-chef de guerre, que le légendaire Mustapha Barzani comparait à un scorpion, n’a évidemment rien du « George Washington irakien » vanté par le département d’Etat étasunien.

La sécurité – toute relative – ne prévaut au Kurdistan qu’au prix d’arrestations et d’incarcérations dans les prisons secrètes du ministère de l’Intérieur de la région autonome et des services secrets du PDK (Parti démocratique du Kurdistan, de Massoud Barzani) ou de l’UPK. Masrour Barzani, fils du président de la région, chef du Parastin, le SR du PDK, se croit tout permis. En février 2006, à Vienne, il aurait fait tabasser par ses gardes du corps à Vienne Kamal Saïd Qadir – citoyen autrichien – connu pour ses articles attaquant la nomenklatura d’Erbil. Arrêté lors d’un séjour au Kurdistan en 2005, cet intellectuel avait été condamné à … 30 ans de prison, puis libéré quelques mois plus tard grâce aux pressions exercées par l’Autriche sur le président kurde.

Test de popularité grandeur nature

La liste Kurdistan, du duo Barzani-Talabani, emportera-t-elle les élections ? L’UPK, en perte de vitesse, tire le PDK vers le bas. Bien qu’elle peut compter sur les voix de tribus qui leur ont fait allégeance, de nouvelles forces apparaissent, issues de la mouvance islamique ou inspirées par le PKK, l’organisation séparatiste kurde de Turquie. Kamal Saïd Qadir s’est déclaré candidat. Moushiwan Mustapha, qui dirige le groupe de presse Wisha Media Corporation, se présente en alternative sérieuse. Considéré comme « l’enfant terrible » du nationalisme kurde irakien, il concourra, avec Jawhar Namiq, membre de la direction du PDK qui l’a rejoint, sous l’étiquette du « Changement ». Sa liste peut compter sur le soutien du quotidien Rozhnama et de KNN-TV qui lui appartiennent. Mais, cette dernière n’émet que 7 heures par jour, peu à côté des chaînes radio et télévisées de l’alliance Barzani –Talabani avec leurs dix satellites émettant 24 heures sur 24. Mais, indication qui ne trompe pas, la défiance des Kurdes pour leurs dirigeants, un sondage effectué par Hawlati le 12 mai, place la liste du Changement en tête avec 59,3% des voix, suivie par celle des Quatre Partis qui regroupe des mouvements islamique et de gauche (19%). La liste Kurdistan ne dépasserait pas les 20%.

Qotab Talabani, le très contesté « ambassadeur » kurde aux Etats-Unis, a beau exhorter la diaspora kurde à dépasser ses ressentiments, la décision du Gouvernement Régional Kurde (KRG) de ne pas appeler à voter les électeurs résidant à l’étranger, jugés trop frondeurs, est du plus mauvais effet. Depuis plusieurs décennies, les Barzani et Talabani ont fait miroiter aux yeux des Kurdes les bienfaits de la démocratie et de l’indépendance. Pour ce qui est des libertés, depuis l’agression américaine de 2003, la population ne se fait plus d’illusions. Depuis qu’en mars dernier, Jalal Talabani a jugé « impossible » l’accession du Kurdistan irakien à l’indépendance, et réduit les vieilles revendications séparatistes kurdes à un « rêve poétique », le désenchantement transcende tout l’éventail politique. Quel que soit le résultat des élections en juillet, la stabilité dans cette région d’Irak est des plus incertaines.


La Région autonome du Kurdistan irakien

La division des Kurdes irakiens, dues à des inimitiés ancestrales entre tribus, clans, ou aux ambitions personnelles de dirigeants politiques, a toujours entretenu dans cette partie de l’Irak, une confusion propice aux interventions étrangères. L’Union soviétique, les Etats-Unis, Israël, l’Iran, la Syrie ou la Turquie s’y sont souvent affrontés, ou s’y affrontent toujours, par chefs kurdes interposés.
En arrivant au pouvoir à Bagdad, en juillet 1968, le parti Baas avait pour objectif prioritaire de rétablir la paix entre irakiens en réglant définitivement le problème kurde, en partant du principe que leurs aspirations étaient « naturelles et légitimes ».
Le 11 mars 1970, une proclamation jetant les bases de rapports nouveaux entre Arabes et Kurdes a été rendue publique, suivie en 1974 par l’octroi d’un statut d’autonomie interne pour les gouvernorats de Soulimaniya, Erbil et Dohouk, qui formèrent la Région autonome du Kurdistan.
A cette époque, Mustapha Barzani – père de Massoud – qui avait négocié le projet avec Saddam Hussein, alors vice-président, et qui y était favorable, changea brusquement de position en revendiquant les puits de pétrole de Kirkouk, sous la pression du Chah d’Iran, d’Henry Kissinger et d’Israël. Il proposa même à Washington de faire du Kurdistan… un Etat américain ! Aujourd’hui, après bien des péripéties et des dizaines de milliers de morts, la situation a certes évoluée, mais pour se ressembler. Cruellement.


Les services secrets kurdes font la loi

Le Parastin, service secret du PDK, et le Dazgay Zaniyari, celui de l’UPK, sont dirigés respectivement par Masrour Barzani et Pavel Talabani, fils des présidents inamovibles de ces partis. Ils coordonnent plus ou moins leurs activités de répression avec l’Asayish, organe officiel de sécurité de la Région autonome, fondé en 1993.
Le Parastin, le Dazgay Zaniyari et l’Asayish sont régulièrement accusés de détentions arbitraires, de torture, d’exécutions sommaires, et de nettoyage ethnique à Kirkouk et ses environs – riches en pétrole – où les Turcomans sont majoritaires. La plupart des détenus politiques, passés par des prisons secrètes, ou des « disparus », sont des membres d’organisations islamiques antiaméricaines. Les cadres des services secrets kurdes ont été à « bonne école », formés, suivant les époques, par le KGB, la Savak du Chah, la CIA, le Mossad israélien, voire le Vevak des Mollah iraniens.


Article publié dans Afrique Asie de juin 2009

Campagne de soutien aux Amitiés franco-irakiennes
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(à l’ordre de : Amitiés franco-irakiennes – 7, rue de Sarzeau – 35700 Rennes)

dimanche 8 mars 2009

L'affaire "Pétrole contre nourriture" sur Arte

Pain, pétrole et corruption

Arte - Mardi 10 avril 2009 , à 20h45

Genre : Documentaire
Date de sortie : 2009
Durée : 1h30
Tous publics


Résumé:«Pétrole contre nourriture» : ce programme initié par l'ONU en 1996 visait à répondre aux besoins humanitaires de la population irakienne sous embargo. L'Irak devait vendre une quantité limitée de son pétrole, sous contrôle de l'ONU, et acheter en échange de la nourriture et des médicaments. En janvier 2004, un quotidien irakien publie une liste de personnalités et d'entreprises qui ont touché des pots-de-vin dans le cadre de cette opération humanitaire. L'ONU constitue discrètement une commission d'enquête indépendante, présidée par Paul Volcker, qui rend un rapport édifiant en 2005, accusant près de 2500 individus et sociétés internationales dans une trentaine de pays. Depuis, très peu de procès ont eu lieu et les mises en examen sont tout aussi rares.

Précisions liminaires en attendant l’émission
par Gilles Munier*

Pain, pétrole et corruption…Le titre, déjà en lui-même, indique le parti pris de l’émission. Il ne s’agit pas de « l’embargo » et de ses conséquences, mais d’un prétendu détournement, dès le départ, de cet embargo par les dirigeants irakiens.

Il ne faut pas inverser la cause et les effets - vrais ou fabriqués - pour occulter le génocide perpétré en Irak par les Etats-Unis et les gouvernements occidentaux.
Plus de 1,5 million, tel est le nombre des victimes irakiennes de cet embargo international.
Le gouvernement irakien demandait aux sociétés pétrolières de financer des opérations de lobbying pour obtenir la levée de l’embargo.

Le prix du pétrole étant fixé par les Etats-Unis, au plus bas, les « pots- de- vin » soustraits des bénéfices des entreprises, ne lésaient pas le peuple irakien.

La liste des « corrompus » a été constituée sous la direction d’Ahmed Chalabi et de la CIA. Elle a été traduite et diffusée par Memri, une agence israélienne de propagande anti-arabe.
Le quotidien irakien qui a révélé le « scandale » était en partie financé par George Soros, spéculateur spécialiste des campagnes d’intoxication médiatique.

L’enquête de Paul Volcker s’arrête aux portes du Pentagone. Pourquoi ?

Quid du pétrole vendu au marché noir, notamment via le Kurdistan de Massoud Barzani ? Une partie était-elle ensuite détournée vers Israël ?
Etc… etc…

Mis en examen il y a plus de 3 ans pour avoir « violé une résolution des Nations unies », il m’est interdit de sortir du territoire français, donc d’effectuer des recherches permettant d’assurer ma défense… et de travailler.

Comment se fait-il que la plupart des personnes mises en examen dans le volet français de l’affaire « Pétrole contre nourriture » circule à l’étranger, librement ? Tant mieux pour elles, et notamment pour le directeur de la société Total qui s’est rendu en Angola et en Syrie avec Nicolas Sarkozy et qui participera – peut-être - à une mission d’entreprises françaises… à Bagdad, en juin prochain, dirigée par Bernard Kouchner.

Mais alors, pourquoi ne me rend-on pas mon passeport ? Deux poids – deux mesures pour des raisons politiques ? Lesquelles ?

Au moins deux personnes impliquées dans l’affaire « Pétrole contre nourriture » sont décédées sans que justice leur soit rendue. Combien de temps faudra-il attendre pour que le procès ait lieu ?

* Secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes

mercredi 17 décembre 2008

Une godasse pour Bush !


AMITIES FRANCO-IRAKIENNES

Une godasse pour Bush !

Soutenons Mountazer al-Zaïdi

Mountazer al Zaïdi, le journaliste irakien à la chaîne de télévision al-Baghdadia qui n’a pas hésité à risquer sa vie en lançant ses deux chaussures à la tête de George Bush, est aujourd’hui dans un hôpital de Bagdad, un bras cassé et victime d’un traumatisme crânien. Il encourt de 2 et 7 ans de prison et une forte amende, pour insulte à chef d’Etat étranger et au « Premier ministre » Nouri al-Maliki, à qui la seconde chaussure était peut-être destinée.

Son crime : avoir accusé Bush de la mort de centaines de milliers d’Irakiens. Selon l’ONG américaine Just Foreign Policy, le nombre des victimes civiles irakiennes s’élevait hier à 1 297 997 morts. Le chiffre des soldats américains tués était de 4 209. Depuis avril 2003, celui des GI morts des suites de leurs blessures, et des mercenaires étrangers, n’a jamais été communiqué.

En Irak et dans les pays arabes, des milliers de manifestants réclament la libération de Mountazer al Zaïdi. A ce jour, plus de cent vingt avocats – américains et arabes – proposent d’assurer sa défense.

En signe de solidarité et en hommage à son courage, envoyez une vieille godasse à l’Ambassadeur américain dans votre pays. Il comprendra que vous lui demandez de la faire suivre à la Maison-Blanche !

Adresse pour la France : Ambassade des Etats-Unis en France, 2 avenue Gabriel – 75382 – Paris Cedex 08.

Rennes, le 17 décembre 2008 Gilles Munier
Secrétaire général

Nota : Diffusez cet appel ou reprenez-le à votre propre compte, qu’importe : l’important est de réagir et de manifester votre soutien à la résistance du peuple irakien.

Pour ceux, ou celles, qui le souhaitent :
Pétition: http://www.ipetitions.com/petition/iwffomuntatharalzaidi/?e
Jeu : http://www.kroma.no/2008/bushgame/

lundi 1 décembre 2008

"Les GI's ne quitteront l'Irak que forcés, comme les Anglais en 1958" - Gilles Munier



Le Courrier d'Algérie - 30/11/08 - page 13
http://www.lecourrier-dalgerie.com/novembre/n1439.pdf

GILLES MUNIER, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
DES AMITIÉS FRANCO-IRAKIENNES AU COURRIER D’ALGÉRIE :
«Les GI's ne quitteront l'Irak que forcés, comme les Anglais en 1958»

Gilles Munier a découvert l'Irak en 1975-76, et il s'est rendu dans ce pays à 150 reprises environ avec des délégations politiques, culturelles ou économiques. Il a été reçu à 5 reprises par le Président Saddam Hussein. Le secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes explique l'intérêt qu'il porte à l'Irak, au nationalisme arabe et à l'islam par son histoire personnelle. Il a vécu toute sa jeunesse en Algérie et au Maroc, au contact des nationalistes algériens du FLN, son père étant très engagé dans le combat pour l'indépendance de l'Algérie.


Pendant la crise du Golfe, en septembre 1990, il se rend à Bagdad en pleine affaire dite «des otages», pour demander au Président Saddam Hussein de laisser partir les Français qui sont retenus. La mission qu'il effectue se place juste après celle de Kurt Waldheim et d'Ahmed Ben Bella. Il revient en France avec 8 Français et la promesse que les autres les suivront. Il est accueilli en France par une violente campagne de presse qui l'accuse d'être un « traître par idéologie ».


Pour relancer les relations franco- irakiennes, mises à mal par la guerre et la rupture des relations diplomatiques, il organise en octobre 1991 la première mission économique française à Bagdad sous couvert d'un Comité Franco-Irakien pour l'Exportation créé pour l'occasion. Gilles Munier contribuera à l'ouverture d'une Mission d'intérêts français à Bagdad en transmettant un message secret de Tarek Aziz au Quai d'Orsay.


Gilles Munier qui a pu, en 25 ans de voyages visiter toutes les régions d'Irak, est l'auteur du « Guide de l'Irak» paru en 2000.

Le Courrier d'Algérie : Quelle appréciation faites-vous de cet accord de sécurité qui vient d'être ratifié par les députés irakiens ? Quels seraient ses buts ?


Gilles Munier : L'accord de sécurité est de la poudre aux yeux. Il permet à George Bush de quitter la présidence des Etats- Unis en disant une nouvelle fois «Mission accomplie » et au régime de Bagdad de se donner un vernis nationaliste. Le tapage médiatique fait autour de cet accord ne doit pas faire oublier que les députés se sont couchés lorsqu'il a été question de la mainmise américaine sur le pétrole irakien.


Il y a en Irak environ 160 000 soldats et autant de mercenaires. En ces temps de faillite économique du capitalisme, la présence des troupes américaines devient trop lourde pour le budget militaire US. Mais, ils ne partiront pas tous. La question du maintien de bases militaires n'est pas sérieusement abordée. Les Américains en veulent plusieurs et les maintiendront tant qu'ils le pourront sous différents prétextes.


Qui peut croire un seul instant que la guerre est finie, ou presque ? La résistance irakienne lance des attaques tous les jours et elle le fera jusqu'au départ réel des forces d'occupation. En vérité, les GI's ne quitteront l'Irak que contraints et forcés, comme les Anglais après le renversement de la monarchie en 1958.


Que gagnent les politiques irakiens en le ratifiant et en prolongeant la présence américaine dans leur pays ?


Les dirigeants irakiens jouent, à court ou moyen terme, leur survie politique. Ils savent que la majorité des Irakiens réclame le départ des Américains et que sans le soutien de ces derniers ils perdraient le pouvoir.


Paradoxalement ce sont les chiites du mouvement de Moqtada Sadr qui ont rejeté l'accord. Seraient-ils plus nationalistes que les autres ou expriment- ils les craintes de Téhéran ?


La résistance irakienne, dans son ensemble, rejette cet accord. Quant au chiisme arabe irakien, il faut savoir qu'il est différent du chiisme persan, déformé à l'époque safawide. Moqtada Sadr est un patriote qui, dans la conjoncture actuelle, n'a pas d'autre choix que de faire un bout de chemin avec Téhéran. Les services secrets iraniens jouent plusieurs jeux en Irak, y compris en manipulant des groupuscules proches d'Al Qaïda. Ils aident l'Armée du Mahdi jusqu'à un certain point - celui de leurs intérêts immédiats - mais leur préférence va vers la Brigade Al Badr d'Abdulaziz al-Hakim. Un jour sonnera l'heure de vérité et les masques tomberont.

L'ONU a accordé aux Etats-Unis un délai de présence qui aurait dû expirer à la fin de l'année. Cette organisation a-t-elle été encore une fois ignorée et bafouée ?


L'ONU aurait dû être réformée depuis la fin du colonialisme. Elle a été ignorée et bafouée dès qu'il a été question d'agresser l'Irak. Le Conseil de sécurité est une machine de guerre occidentale. Lorsque le délai fixé par l'ONU a été voté, les Américains pensaient qu'ils allaient éliminer facilement la résistance irakienne. Ils doivent revoir leur copie en catastrophe.


Les députés ont été élus par le peuple irakien, cette ratification peut-elle être considérée comme la volonté du peuple irakien ?


Les élections de janvier 2004 étaient une mascarade. Les députés élus n'ont aucune légitimité.


Certains d'entre-eux ont réclamé un referendum, tant mieux. Mais, s'ils avaient été courageux ils auraient plutôt réclamé le départ immédiat des occupants.

Entretien réalisé par Meriem Abdou

mercredi 30 avril 2008

Comité pour la défense de Tarek Aziz et des prisonniers politiques irakiens

AMITIÉS FRANCO – IRAKIENNES

Création d’un Comité pour la défense de Tarek Aziz
et des prisonniers politiques irakiens


Maître Vergès confirme qu’il ira à Bagdad défendre Tarek Aziz


Le procès de Tarek Aziz a été renvoyé au mardi 20 mai après la courte audience tenue le 28 avril dernier, au cours de laquelle le Vice-Premier ministre irakien a nié toute implication dans les charges retenues contre lui et réclamé un nouvel avocat irakien. Le sien - Maître Badie Aref - étant réfugié à Amman pour des « raisons de sécurité » : les Américains ne voulaient plus assurer sa protection après qu’il ait reçu des menaces de mort et qu’un mandat d’arrêt ait été lancé contre lui…

Maître Jacques Vergès nous a déclaré qu’il assurera la défense internationale de Tarek Aziz comme le lui a demandé le Vice-Premier ministre il y a deux ans, demande confirmée le 29 avril 2008, par télécopie, par Ziad Aziz - fils du dirigeant irakien - et par Maître Badie.

Maître Vergès va demander un visa à l’ambassade d’Irak à Paris pour se rendre à Bagdad défendre son client.

Un Comité pour la défense de Tarek Aziz et des prisonniers politiques irakiens est créé à l’initiative de Gilles Munier qui contactera les signataires de l’appel qu’il a lancé en mai 2003 pour qu’ils manifestent à nouveau leur soutien au Vice-Premier ministre irakien. Le Comité se réunira pour élire son président.

L’appel pour la libération de Tarek Aziz, reprenant les premiers signataires, a été ensuite relancé et élargi au niveau international par le parlementaire britannique George Galloway .

Pour la France, parmi plus d’une centaine de signatures, on notait celles de :
Jean-Pierre Chevènement (ancien ministre) - Michel Debray ( Vice-amiral en 2ème section) - Michel Lelong (prêtre) – Général Pierre Gallois (CR) - Thierry Mariani (député) - Philippe de Saint Robert (écrivain) – Andrée Michel (directrice honoraire de recherche au CNRS) – Didier Julia (député) - Maurice Buttin (avocat) - Claude Gaucherand (Contre amiral en 2ème section) - Michel Grimard (président du Mouvement Chrétien Vème République) - Maurice Cannet (général – CR ) - Jacques Gaillot (évêque) - Jean-Pierre Bastid (romancier) – Paul-Marie Couteaux (député européen) - Charles Saint Prot (écrivain) – ) – Pierre Levy (journaliste) - Bruno Drweski (maître de conférence) – Alain Corvez (colonel) - Edmond Jouve (professeur aux universités) – Robert Vial (journaliste) - Georges Labica (professeur émérite des universités) – Amaury Couderc (ex-élu régional et maire) - Paul Balta (écrivain) – Sliman Doggui (neurologue) – Gérard Godfroy (ancien directeur de la Foire de Rennes) – Jean Picollec (éditeur) – Roland Lafitte (écrivain) – Patricia Latour (écrivain) – Xavière Jardez (juriste)…. etc

Pour communiquer avec ses membres et informer l’opinion publique, le Comité pour la défense de Tarek Aziz et des prisonniers politiques irakiens a ouvert :
- une adresse courriel : libertarek@yahoo.fr


Rennes, le 30 avril 2008

Contact pour la France - Gilles Munier : 06 19 74 45 99