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lundi 21 juillet 2008

Le pétrole, évidemment, par Noam Chomsky (traduction)



11 juillet 2008

« Des négociations sont en cours avec Exxon Mobil, Shell, Total et BP - qui étaient il y a des décennies de cela les participants initiaux dans l’Iraq Petroleum Company, maintenant rejoints par Chevron et d’autres petites compagnies pétrolières - pour renouveler la concession pétrolière qu’ils avaient perdu lors de la nationalisation intervenue à l’époque où les pays producteurs de pétrole avaient repris le contrôle de leurs ressources. Ces contrats sans appel d’offre, apparemment rédigés par les sociétés pétrolières avec l’aide de responsables américains, l’ont emporté sur les propositions de plus de 40 autres entreprises, y compris Chinoises, Indiennes et Russes. »

par Noam Chomsky, Khaleej Times, 8 juillet 2008

L’accord qui se profile entre le Ministère irakien du pétrole et quatre compagnies pétrolières occidentales soulève de délicates questions quant aux motifs de l’invasion et de l’occupation de l’Irak par les Etats-Unis. Ces questions devraient être posées par les candidats aux élections présidentielles et discutées sérieusement aux Etats-Unis, comme bien sûr en Irak occupé, où il semble que la population ne joue qu’un rôle mineur - si tant est qu’elle en joue un - dans la définition de l’avenir.

Les négociations relatives au renouvellement des concessions pétrolières, perdues lors des nationalisations qui ont permis aux pays producteurs de récupérer le contrôle de leurs propres ressources, vont bon train pour Exxon Mobil, Shell, Total et BP. Ces partenaires originels au sein de la Compagnie Pétrolifère Irakienne sont désormais rejoints par Chevron et d’autres compagnies pétrolières de plus petite taille. Ces contrats négociés sans mise en concurrence, apparemment rédigés par les compagnies pétrolières avec l’aide des officiels américains, ont été préférés aux offres formulées par plus de 40 autres sociétés, notamment chinoises, indiennes et russes.

« Le monde arabe et certaines parties de la population américaine soupçonnaient que les Etats-Unis étaient entrés en guerre précisément pour sécuriser la manne pétrolière que ces contrats cherchent à extraire » a écrit Andrew E. Kramer dans le New York Times. La référence de Kramer à un soupçon est un euphémisme. Il est par ailleurs des plus vraisemblables que l’occupation militaire a elle-même impulsé la restauration d’une Compagnie Pétrolifère Iraquienne haïe, installée à l’époque de la domination britannique afin de « se repaître de la richesse de l’Irak dans le cadre d’un accord notoirement déséquilibré », comme l’écrit Seamus Milne dans le London Guardian.

Les derniers rapports évoquent des retards dans la soumission des offres. L’essentiel se déroule sous le sceau du secret, et il ne serait pas surprenant de voir de nouveaux scandales apparaître.
La demande pourrait difficilement être plus pressante. L’Irak recèle peut-être la seconde réserve mondiale de pétrole, qui se caractérise de surcroît par de faibles coûts d’extraction : pas de permafrost ni de sables bitumineux à franchir, pas de forage en eaux profondes à entreprendre.
Pour les planificateurs américains, il est impératif que l’Irak demeure, dans la mesure du possible, sous le contrôle des Etats-Unis, comme un Etat client docile à même d’accueillir des bases militaires en plein cœur de la première réserve énergétique mondiale. Qu’il s’agisse là des objectifs premiers de l’invasion a toujours été clair, malgré le rideau de fumée des prétextes successifs : Armes de destruction massive, liens de Saddam avec Al-Qaeda, promotion de la démocratie et guerre contre le terrorisme - lequel, comme c’était prévisible, s’est radicalement développé du fait même de l’invasion.

En novembre dernier, ces préoccupations sont devenues explicites lorsque le Président Bush et le Premier ministre iraquien, Nouri Al Maliki, signèrent une « Déclaration de principe », en totale méconnaissance des prérogatives du Congrès américain et du Parlement irakien aussi bien que de l’opinion des populations concernées de part et d’autre.

Cette Déclaration permet une présence militaire américaine indéfinie en Irak, en cohérence avec l’édification en cours de gigantesques bases aériennes dans tout le pays, et de « l’ambassade » à Bagdad, une ville dans la ville, sans aucun équivalent dans le monde. Tout ceci n’est pas construit pour être ensuite abandonné.

La déclaration recèle également une affirmation éhontée quant à l’exploitation des ressources de l’Irak. Elle affirme que l’économie irakienne, c’est-à-dire ses ressources pétrolières, doit être ouverte aux investissements étrangers, « spécialement américains ». Nous ne sommes en fait pas loin d’annoncer que nous devons vous envahir pour contrôler votre pays et disposer d’un accès privilégié à vos ressources.

Le sérieux de ces intentions a été souligné par le « signing statement » [1] du Président Bush déclarant qu’il rejetterait tout texte du Congrès susceptible de restreindre le financement propre à permettre « l’établissement de toute installation ou base militaire nécessaire à l’approvisionnement des Forces Américaines stationnant de manière permanente en Irak » ou le « contrôle des ressources pétrolières irakiennes par les Etats-Unis ».

Le recours extensif aux « signing statements » permettant au pouvoir exécutif d’étendre son pouvoir constitue une autre des innovations pratiques de l’administration Bush, condamnée par l’American Bar Association [2] comme « contraire à l’Etat de droit et à la séparation constitutionnelle des pouvoirs. »

Sans surprise, la déclaration a provoqué des protestations immédiates en Irak, entre autre des syndicats irakiens, qui survivent malgré les rudes lois anti-syndicales, instituées par Saddam et maintenues par l’occupant.

Selon la propagande de Washington, c’est l’Iran qui menace la domination américaine en Irak. Les problèmes américains en Irak sont tous imputés à l’Iran. Le Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice suggère une solution simple : « les forces étrangères » et les « armes étrangères » devraient être retirées d’Irak - celles de l’Iran, pas les nôtres.

La confrontation quant au programme nucléaire iranien renforce encore les tensions. La politique de « changement de régime » conduite par l’administration Bush au sujet de l’Iran s’accompagne de la menace du recours à la force (sur ce point Bush n’est contredit par aucun des deux candidats à sa succession). Cette politique légitime également le terrorisme en territoire iranien. La majorité des américains préfèrent la voie diplomatique et s’opposent à l’usage de la force, mais l’opinion publique est peu susceptible d’être prise en compte dans la définition des politiques appliquées, et pas seulement dans ce cas.

L’ironie veut que l’Irak se transforme peu à peu en un condominium américano-iranien. Le gouvernement Maliki est la composante de la société irakienne soutenue la plus activement par l’Iran. La soi-disant armée irakienne - juste une milice parmi d’autres - est largement constituée de la brigade Badr, entraînée en Iran et qui s’est illustrée du côté iranien lors de la guerre Iran-Irak.

Nir Rosen, un des correspondants les plus astucieux présents sur place et fin connaisseur de la région, relève que la cible principale des opérations militaires menées conjointement par les Etats-Unis et Maliki, Moktada Al Sadr, ne recueille pas davantage les faveurs de l’Iran : indépendante et bénéficiant du soutien populaire, cette faction est dangereuse pour ce dernier.
L’Iran, selon Rosen, a « clairement soutenu le Premier ministre Maliki et le gouvernement irakien, lors du récent conflit à Bassora, contre ce qu’ils décrivent comme ‘les groupes armés illégaux’ (de l’armée de Moktada Mahdi) », « ce qui n’est pas surprenant dès lors que leur principal faux-nez en Irak, le Conseil Islamique Irakien Suprême, soutien essentiel du gouvernement Maliki, domine l’Etat irakien. »

« Il n’y a pas de guerre par procuration en Irak », conclut Rosen, « car Etats-Unis et Iran partagent le même faux-nez ».

Nous pouvons présumer que Téhéran apprécie de voir les Etats-Unis installer et soutenir un gouvernement irakien réceptif à son influence. Pour le peuple irakien cependant, ce gouvernement constitue toujours un désastre, et est probablement appelé à leur nuire davantage.

En termes de relations étrangères, Steven Simon relève que la stratégie contre insurrectionnelle actuelle des Etats-Unis « alimente les trois menaces pesant traditionnellement sur la stabilité des Etats du Moyen-Orient : le tribalisme, les chefs de guerre et le sectarisme. » Ceci pourrait déboucher sur l’apparition d’un « Etat fort et centralisé, dirigé par une junte militaire qui pourrait ressembler » au régime de Saddam. Si Washington parvient à ses fins, alors ses actions sont justifiées. Les actes de Vladimir Putin, lorsqu’il parvient à pacifier la Tchétchénie d’une manière bien plus convaincante que le Général David Petraeus en Irak, suscitent pourtant des commentaires d’un tout autre acabit. Mais ce sont EUX, nous sommes les Etats-Unis. Les critères sont donc nécessairement totalement différents.

Aux Etats-Unis, les Démocrates sont réduits au silence par le prétendu succès de l’offensive militaire américaine en Irak. Mais leur silence trahit leur absence d’opposition de principe à la guerre. Selon leur manière de voir le monde, le fait de parvenir à ses fins justifie la guerre et l’occupation. Les doux contrats pétrolifères sont obtenus en même temps que le territoire.
En fait, l’invasion dans son ensemble constitue un crime de guerre -crime international suprême, qui diffère des autres crimes de guerre en ce qu’il génère, selon les termes mêmes du jugement de Nuremberg, tout le mal causé ensuite. Ceci compte au nombre des sujets impossibles à aborder que ce soit à l’occasion de la campagne présidentielle ou dans un autre cadre. Pourquoi sommes-nous en Irak ? Quelle est notre dette envers les irakiens pour avoir détruit leur pays ? La majorité du peuple américain souhaite le retrait des troupes américaines d’Irak. Sa voix a-t-elle une importance ?


Publication originale Khaleej Times via Information Clearing House, traduction Louis Stella pour Contre Info http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2125

[1] [ Acte par lequel le Président des Etats-Unis modifie la signification d’un texte de loi.
[2] Association des avocats américains.

dimanche 2 mars 2008

La Soif de pétrole irakien, par Gilles Munier

Article publié dans
AFRIQUE-ASIE Mars 2008

Israël - Depuis sa création, l’Etat juif, sous boycott pétrolier arabe, convoite le pétrole de Mésopotamie. Il n’y est pas parvenu jusqu’à présent, malgré ses nombreuses tentatives Mais ses besoins, exponentiels, pourraient accélérer ses manœuvres.

Extrait :

Israël est, avec le Japon, un des pays dépendant le plus de l’extérieur pour ses approvisionnements pétroliers. Les milliards de barils qui dormiraient au pied du Mont Carmel, ou sous Jéricho, ne sont, pour l’instant, que rêveries d’évangélistes américains. Le ravitaillement du pays est un véritable casse-tête, d’autant que la consommation de pétrole par habitant, en perpétuelle augmentation, dépasse 7 litres par jour (8e rang mondial). Grâce à l’entregent d’hommes comme Zvi Alexander, « Monsieur pétrole » israélien, Israël a pu diversifier ses sources d’approvisionnement. Aujourd’hui, l’Etat hébreu est ravitaillé par la Russie, les anciennes Républiques soviétiques, la Norvège, le Mexique, des pays d’Afrique de l’Ouest et, fait moins connu, par … L'Egypte Mais les livraisons prévues par le Traité israélo-égyptien de 1979 – qui on couvert jusqu’au tiers des besoins d’Israël – s’avèrent insuffisantes.

Un rêve israélien

Israël rêve de pétrole irakien depuis 1948, date de la fermeture du pipeline Kirkouk-Haïfa pour protester contre la création d’un Etat juif en Palestine. Seul le Koweït, alors principauté sous tutelle britannique, a continué jusqu’en 1950 a lui livrer du brut. L’Iran pahlévi prit le relais, clandestinement, jusqu’à la révolution khomeyniste. Les Israéliens – travaillistes ou likoudniks – ont out essayé pour amadouer Bagdad, y compris traiter avec Saddam Hussein. Sans succès.

Avec les guerres du Golfe, les Israéliens sont passés à l’action. Les Kurdes, qu’ils soutenaient depuis les années 1950, arguant d’intérêts géostratégiques et d’ancêtres communs, étaient quasi indépendants grâce à la zone d’exclusion aérienne imposée par la coalition. Le Mosssad en profita pour renforcer ses positions dans l’appareil sécuritaire kurde et participer, avec Massoud Barzani, à la contrebande de pétrole générée par l’embargo des Nations unies. Parallèlement, Ahmed Chalabi, chef du Conseil national irakien, fut invité à Tel-Aviv où il promit d’ouvrir des relations diplomatiques avec Israël et le pipeline Kirkouk-Haïfa.

Début avril 2003, un commando des forces spéciales de la coalition s’empara des stations de pompage de l’oléoduc vers Haïfa (opération « Shekhina », présence de Dieu, en hébreu) entre Haditha et la frontière jordanienne, et Benyamin Netanyahou affirma que le pétrole irakien coulerait vers Israël, que « c’était une question de temps ». En août 2003, Yosef Paritzky, ministre des Infrastructures, fut convoqué à Washington pour étudier la remise en état du pipeline. Espoir déçu, car Chalabi a été écarté du pouvoir. Avec la montée en puissance de la résistance dans la région d’Al-Anbar, le tracé actuel semble définitivement abandonné.

Un Grand Kurdistan

Pour que le pipeline Kirkouk-Banyas, en Syrie, fût une solution de rechange, encore fallait-il éliminer les foyers de résistances entre Kirkouk et la frontière syrienne, créer un « Grand Kurdistan » et renverser Bachar al-Assad. En juin 2005, les Américains lancèrent l’opération « Matador » pour dompter les Turcomans hostiles à la main mise kurde sur leurs terres et le pétrole irakien. Sous prétexte de chasser Zarqaoui d’un de ses bastions, Tel Afar fut assiégé. Comme à Falloujah, les bombardements firent des milliers de victimes civiles. Les habitants qui se sont enfuis ont été remplacés par des Kurdes.

La Constitution de 2005, illégitime pour de nombreux Irakiens, permettrait à la Région autonome kurde d’anexer après référendum le gouvernorat de Kirkouk, une partie de ceux de Ninive et de Diyala, et le Sindjar. La résistance a fait échouer le projet – pour l’instant. Mais, en août 2007, l’attentat terroriste du Sindjar avec ses 500 morts, attribué au Parastin, le service secret kurde, a jeté les Yézidi qui y sont majoritaires dans les bras de Barzani – c’était son objectif.

Et la bataille engagée actuellement à Mossoul, sous prétexte de guerre contre Al-Qaïda, « nettoie » un peu plus les « territoires disputés » de leurs habitants ancestraux arabes, turcomans et assyro-chaldéens.

La Syrie résistant aux essais de déstabilisation étasunienne et française, le projet de bretelle Homs-Haïfa sur le pipeline existant a été abandonné, ne laissant à ses partisans que la signature d’un hypothétique traité de paix entre Israël et la Syrie, avec échange du Golan contre le passage d’un oléoduc vers Haïfa. Un remake, en quelque sorte, de l’accord négocié avec Anouar al-Sadate.

Un israélien nommé Fouad

A Tel-Aviv, Binyanin Ben Eliezer, ministre des Infrastructures plus pragmatique que ses prédécesseurs, étudie la faisabilité d’un oléoduc qui traverserait le Sindjar, longerait la Syrie et l’Euphrate et pénétrerait en Jordanie ; et parallèlement celle d’un quadruple pipeline sous-marin qui acheminerait vers Ashkelon, via le port turc de Ceyhan, du pétrole et du gaz géorgiens ou azerbaïdjanais – voire kazakhs – de l’eau, de l’électricité et des câbles en fibres optiques.

Né à Bassora, le général Ben Eliezer, dit Fouad, se présente comme un « ami des Arabes », mais sa réputation de boucher n’a rien à envier à celle d’Ariel Sharon. Il n’est pas seulement mêlé au massacre de Tal Al-Zaatar par les Phalangistes libanais en 1976 et de Jénine en 2002, ou à l’invasion de Liban en juin 1982, mais il est aussi accusé d’avoir fait liquider 250 prisonniers pendant la guerre de juin 1967. On attend toujours l’ouverture d’une enquête du Tribunal pénal international à son encontre, comme l’a demandé au Caire en 2007 le président de la commission des Affaires étrangères.

Détail important du projet de Ben Eliezer : selon le quotidien Haaretz (16 janvier 2007), l’oléoduc sous-marin pourrait être connecté à celui venant d’Irak. Le Kurde Hoshyar Zebari, ministre irakien des Affaires Etrangères avec qui il s’est congratulé devant les caméras au World Economic Forum de 2005, en Jordanie, ne demande qu’à coopérer. Le succès de cette opération dépend des exigences de la Turquie. En cas d’entente, le boycott pétrolier arabe perdrait tout sons sens.

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A lire sur le site France-Irak Actualité
http://www.gmunier.blogspot.com/


Sarkozy et l'Irak (1)
LA FRANCE VEUT SA PART DU « GÂTEAU » PÉTROLIER IRAKIEN
Marchandages prévus à Paris le 25 février….
« Bon appétit, Messieurs ! »

dimanche 8 juillet 2007

"Mission accomplie: Nous avons le Pétrole!" par Xavière Jardez

http://www.gmunier.blogspot.com/

Bulletin des Amitiés franco-irakiennes
(AFI- Flash n°74 - 9/7/07)


« MISSION ACCOMPLIE :
NOUS AVONS LE PÉTROLE ! »
par Xavière Jardez

Voilà ce que pourront se dire bientôt Bush, Dick Cheney et consorts lorsque le Parlement irakien aura débattu de la nouvelle loi sur le pétrole, dictée par les Etats –Unis, rédigée en anglais, en toute discrétion, approuvée dernièrement par la seule faction chiite du gouvernement de Nouri al Maliki,- les autres composantes ayant tout simplement boycotté la séance, comme le Front Irakien de la Concorde - qui conduit à la « privatisation » du pétrole irakien, ou tout bonnement au pillage des richesses de ce pays par les compagnies pétrolières US par l’intermédiaire des PAS (accords de partage de production).

C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il faut comprendre l’envoi de troupes supplémentaires en Irak exigé par Bush - et l’installation de bases US permanentes- car il se soucie peu de liberté ou de démocratie en Irak ou encore des morts américains – plus de 3500 - ou irakiens : 700 000. Ce qu’il recherche, c’est un gouvernement « stable » capable de « pacifier le pays » pour permettre aux Majors (Exxon, Chevron, Fluor, Halliburton…) de mettre la main sur les champs pétrolifères non encore exploités. Si demain « Al Qaeda en Irak » promettait de leur ouvrir les portes du pays, de « terroristes », ils se transformeraient en « modérés » comme Maliki et son parti al Dawa le furent, il y a peu (1).

Le pétrole, le grand muet
Dans la course à l’invasion de l’Irak en 2002-2003, le pétrole comme cause n’était pas évoqué, ni par les auteurs, ni par les médias, sauf par les opposants lucides à la guerre à venir. Or, Dick Cheney, directeur exécutif d’Halliburton en 1999, constatait qu’« en 2010, nous aurons besoin de 50 millions de barils de plus par jour. Le Moyen-Orient, avec 2/3 du pétrole et le coût le plus bas, c’est là que se trouve le butin ». Paul Wolfowitz, quant à lui, décrivait l’Irak comme un pays flottant « sur une mer de pétrole » qui pourrait financer la guerre américaine et la reconstruction. On sait d’autre part que les premières troupes US à Bagdad eurent pour objectif de protéger le ministère du Pétrole et non le Musée National. Tout comme, dans la même veine, Bremer, le « MacArthur de Bagdad » maintint la loi du précédent régime interdisant la grève aux ouvriers du pétrole !

Mais, il serait erroné de dater de l’ère Bush seule cette faim de pétrole. Déjà en 1980, Jimmy Carter déclarait que le pétrole du Golfe Persique était vital pour les intérêts US. Il mit ainsi sur pied une nouvelle structure de commandement militaire (Rapid Deployment Joint Task Force) qui deviendra le Centcom, (United States Central Command) capable de fournir aux présidents US successifs la capacité d’intervenir rapidement et massivement dans la région.

En 2001, l’Energy Task Force que dirigeait Dick Cheney s’abstint de favoriser les sources alternatives d’énergie lui préférant, pour faire face à une crise énergétique, le Moyen-Orient comme « première cible de la politique énergétique des Etats-Unis », demandant au gouvernement Bush de convaincre les pays du Moyen-Orient d’ « ouvrir certains secteurs de leur production énergétique à des investissements étrangers » , en d’autres termes de renverser 25 ans de contrôle étatique sur l’industrie pétrolière. Cette organisation entreprit d’étudier les cartes des champs pétrolifères de l’Irak avec des compagnies pétrolières non-américaines chargées de les exploiter une fois l’embargo levé. « Elle travailla conjointement avec l’aile de la sécurité nationale du gouvernement pour établir un ensemble compatible de politiques militaire et économique qui injecterait, à cette équation, une force américaine. Selon Jane Mayer, du New Yorker, le Conseil National pour la Sécurité incitait son personnel à « coopérer pleinement avec la Energy Task Force… pour la « fusion » des ces deux courants apparemment éloignés : « réviser les politiques opérationnelles envers les « Etats voyous » comme l’Irak et « les actions concernant la capture des champs de pétrole et de gaz existants ou nouveaux » (2)

Genèse du Projet pour le Futur de l’Irak
Cette Task Force donna naissance, dès 2002, au Projet pour le Futur de l’Irak à l’initiative du Département d’Etat et des 17 groupes de travail à Washington et Londres composés d’exilés irakiens et d’experts internationaux choisis par les Etats-Unis dont Vogler d’Exxon, le directeur exécutif de Shell et Fluor, Philipp Carroll, qui devint, après la guerre, chef du « comité consultatif » pour l’industrie pétrole en Irak (4). L’autre protagoniste dans la préparation de cette législation spoliatrice se nomme BearingPoint (anciennement KPMG) chargée de vérifier en Irak tous les textes et institutions encadrant le commerce, les investissements, de conseiller les ministères et la banque centrale. Quand on sait que BearingPoint a obtenu grâce à l’USAID (Agence US pour le Développement International) - elle aussi partie prenante au Projet -, des contrats en Irak d’une valeur de 240 millions de dollars, on comprend mieux que cette société ait pu arroser les campagnes de Bush pour les élections de 2000 et 2004 à hauteur de 117 000 dollars et 120 000 dollars pour les dernières élections au Congrès et payer un million de dollars aux lobbyistes de Capitol Hill en 2005.

Mais, le peu d’empressement manifesté par les grandes compagnies pétrolières pour investir en Irak poussa l’administration Bush à faire intervenir la communauté internationale via le Fonds Monétaire International pour faire pression sur l’Irak pour l’adoption de cette loi qui livrait les revenus du pétrole aux géants US. Le but était de requalifier l’énorme dette que le régime de Saddam Hussein avait accumulée pour les guerres Iran-Irak et celle de 1991 en dette « odieuse », terme technique de droit international désignant la dette contractée par certains dirigeants autoritaires à des fins personnelles. C’est ce que prétendirent les Etats-Unis pour les 40 milliards de $ de dette auprès de 19 pays industrialisés connus sous le nom de «Club de Paris ». Au lieu d’annuler purement et simplement la dette, James Baker négocia avec le Club de Paris une annulation conditionnelle : 12 milliards de $ disparurent des livres, laissant 28 milliards de $ dont l’abrogation était conditionnée à la signature par le gouvernement irakien d’un « Programme de base du Fonds Monétaire International » pour 12 milliards de $ et à la réalisation de ce programme dans une période de trois ans pour 8 milliard de $, laissant toujours à la charge du Club 8 milliards de $.

Le Programme du Fonds Monétaire International formulait sa politique pétrolière selon les concepts US concernant le pétrole irakien, de la mise en place des PAS à l’ouverture totale de l’économie irakienne aux multinationales. En contrepartie, la mesure garantissant aux familles irakiennes des prix subventionnés pour le combustible et certains produits de base, dans un pays où la guerre a entraîné un chômage variant de 30 à 70%, des salaires d’à peine 100 $ par mois et une inflation galopante, devait être abandonnée. Zaid al Ali, avocat international, décrit cet accord comme « l’illustration parfaite de la manière dont le monde industrialisé instrumentalise la dette pour obliger les pays en voie de développement à abdiquer leur souveraineté sur leur économie » qui, pour l’Irak, perdurerait bien au-delà du retrait des troupes US. (2)

Même l’Iraqi Study Group de James Baker, fin 2006, a proposé à Bush entre autres solutions pour sortir du bourbier irakien, de faire voter au « Parlement » irakien une loi sur les hydrocarbones qui placerait les réserves en pétrole, et les revenus en découlant, entre les mains des principales compagnies pétrolières.

Si elle est moins bien connue, la stratégie pétrolière du gouvernement de Blair s’est caractérisée par la même obsession : s’approprier le pétrole de la région du Golfe comme rappelé dans la Strategic Defence Review : « Hors de l’Europe, nos intérêts seront vraisemblablement affectés par les événements dans la région du Golfe et de la Méditerranée.… L’approvisionnement en pétrole du Golfe est crucial pour l’économie mondiale ». La convergence des buts entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis donna naissance au US-UK Energy Dialogue en 2002 pour « encourager la coordination et la coopération en matière énergétique » et donc s’assurer le contrôle de l’approvisionnement en y impliquant directement leurs compagnies pétrolières. En mai 2003, peu après le triomphal « la guerre est finie» de Bush, la Grande-Bretagne a parrainé avec les Etats-Unis une résolution du conseil de sécurité n° 1483 qui leur donnait total contrôle sur le pétrole irakien, prétendument pour continuer de payer les compensations dues au Koweit.

Le butin convoité
Avec 60% des réserves pétrolières du monde, le Moyen Orient ne peut être qu’un enjeu de taille pour les Américains ou tous ceux qui cherchent à dominer le monde ou à l’influencer de manière irrémédiable. L’Irak, à lui seul, se place au troisième rang pour l’étendue de ses réserves connues après l’Arabie Saoudite et l’Iran, à savoir 115 milliards de barils, soit 10% du total mondial. Les deux tiers de ces réserves sont concentrés dans le sud, notamment autour de Basra, et le tiers restant dans le Kurdistan, au nord de l’Irak. En termes de production énergétique, 10% seulement sont exploités car l’objectif sous le régime de Saddam Hussein était une production de 3,5 millions de barils par jour.

L’Irak dispose aussi d’un potentiel pétrolier non exploré le plus vaste, d’un volume de 100 à 200 milliards de barils principalement dans le désert occidental. Pour certains experts, ce chiffre pourrait même dépasser les 400 milliards de barils. Si tel était le cas, le pactole pétrolier irakien serait le premier au monde. Le pétrole irakien a, de plus, de hautes propriétés chimiques car il est de bonne qualité et facile d’accès ce qui en réduit les coûts d’exploitation.

Avec un prix de baril de pétrole brut à 64 $ ou plus, un coût de production à 1,50$ ou même 1$ par baril, semblable aux coûts de production en Arabie Saoudite, les profits éventuels seront gargantuesques. La question est de savoir qui va les empocher ? L’Irak ou les géants du pétrole ?

Analyse de la loi sur le pétrole
A la surprise générale, la privatisation de l’économie irakienne par Bremer en 2003 et 2004 n’incluait pas le secteur pétrolier dont l’avenir devait dépendre de l’élection d’un gouvernement. Le CPA (Autorité Provisoire de Coalition) n’accorda que des contrats de maintenance ou de réparation pour remettre sur pied l’infrastructure pétrolière dont profitèrent abondamment les compagnies US Halliburton – 27 milliards de $ de contrats exclusifs - et Parsons sans qu’elles y mettent le cœur préférant plutôt attendre la suite des événements, à savoir la « privatisation du pétrole ». L’analyse de la loi montre qu’il ne s’agit pas d’une privatisation au sens strict du mot, à savoir le transfert juridique de la propriété des réserves pétrolières de l’Irak à des organisations privées, mais plutôt la « privatisation des revenus ». Les réserves demeurent légalement selon la nouvelle Constitution la propriété de l’Etat irakien jusqu’à l’extraction du pétrole. La question est de savoir ici, qui reçoit les revenus du pétrole et qui contrôle ce qu’il devient.

Rappelons qu’en 1925, le roi Faysal installé par les Britanniques avait accordé à l’IPC (Iraq Petroleum Company), consortium composé de compagnies pétrolières britanniques, françaises et plus tard, américaines, une concession sur le modèle des colonies britanniques pour 75 ans sans possibilité d’amendement des termes. Privé des revenus dont il avait légalement le droit -20% jamais accordés- l’Irak lança une campagne de nationalisation à l’instar des autres pays producteurs, en deux temps 1961 et 1972.

Une nouvelle mouture de rapine
Cependant, au cours des années 1960, une nouvelle forme de contrat fut conçue et appliquée, notamment en Indonésie : les PSA, accords de partage de production. A l’inverse de la concession où les compagnies possèdent des droits sur le pétrole dans le sol, et paient des compensations sous forme de royalties et taxes à l’Etat concessionnaire, le PSA conserve à l’Etat la propriété du pétrole tandis que les compagnies obtiennent des compensations pour leurs investissements dans l’infrastructure pétrolière et les risques qu’elles encourent. Les PSA ont donc un avantage politique clair selon Thomas Wade, expert en droit pétrolier à l’Université de Dundee : « … le gouvernement apparaît comme le maître du jeu – et la compagnie peut tirer les ficelles, camouflée derrière le titre légal qui symbolise l’affirmation de la souveraineté nationale ». Ces mécanismes juridiques sont couramment en vigueur dans des pays (12%) où les réserves pétrolières sont faibles ou les coûts d’extraction élevés (offshore, Amazone) ou les risques techniques ou d’exploration, importants. Ce qui n’est nullement le cas de l’Irak comme on l’a vu plus haut.

Les PSA tels propulsés dans la loi - sous la pression conjointe US et UK- représentent le viol et le pillage institutionnalisés des richesses de l’Irak puisqu’ils prévoient que les compagnies auront droit à 70% des profits jusqu’à l’amortissement de leurs dépenses de développement (rappelons-le faibles en Irak) et 20% par la suite et ce, pour une durée de 30 à 75 ans. Or, les PSA de plus de 30 ans sont inhabituels sauf en Amazone. Ils signifient de plus, pour le peuple irakien, la perte du contrôle de son industrie pétrolière au profit des grandes compagnies. Selon des projections effectuées par globalpolicy.org : « si on prend pour prix du baril de pétrole 40$, le recours aux PSA pour l’Irak entraînerait une perte de 74 milliards à 194 milliards $, si on le compare à une exploitation publique. Cette perte énorme est l’équivalent de 2800 $ à 7400$ par adulte irakien sur une période de 30 ans, durée du PSA, comparée au PNB actuel de 2100$ par tête ». Avec un prix à 50$ par baril, les pertes pour l’Irak seraient de 94 à 250 milliards de dollars.

En revanche, les taux de profits des compagnie pétrolières sont renversants : selon la taille des champs qui leur seront alloués, ils pourront s’élever de 42% à 62% pour un petit champ (le plus petit en Irak ayant un million de barils), de 98% à 162% pour un grand. Ce que l’Irak perdra sera empoché par les Majors pétroliers (Exxon, BP, Chevron, Shell, ConocoPhilipps).

Quatre autres caractéristiques des PSA priveront les Irakiens de toute souveraineté et contrôle démocratique sur leurs richesses :
- les conditions des PSA sont inchangées pour une durée de 25 à 40ans : une fois signé, le contrat ne peut être modifié et les termes dépendront de la position de force ou de faiblesse de l’Irak à la signature. Or, vu la situation politique en Irak, les compagnies joueront très certainement l’aspect sécuritaire et politique pour obtenir les gains les plus hauts.
- ils privent les gouvernements de tout contrôle sur le développement de leur industrie pétrolière : l’Irak ne sera donc pas en mesure d’évaluer le taux de production des compagnies et donc le taux de raréfaction de ses réserves. L’Irak aura ainsi des difficultés à satisfaire ses obligations de quotas vis à vis de l’OPEP, mettant ainsi l’efficacité de cette dernière en danger, à moins de réduire la production des champs laissés à la Compagnie Pétrolière Irakienne !
- 60% à 80% du secteur pétrolier couvert par les PSA sont couverts par les « clauses de stabilisation » à l’abri, ainsi, de toute nouvelle législation irakienne, que ce soit en matière de taxes, de droit du travail, d’environnement ou autres. N’oublions pas que les gains des compagnies sont garantis puisqu’ils peuvent être entièrement rapatriés dans leur pays d’origine!
- tout différend entre l’Irak et les compagnies sera tranché non pas une Cour nationale mais par l’arbitrage, méthode qui ne soucie guère de l’intérêt public des Irakiens.

Les PSA – qui ne sont pas des documents publics !- étant des textes excessivement complexes techniquement, ce qui avantage les compagnies pétrolières, il faudrait aussi se pencher sur la « Commission Fédérale pour le gaz et le pétrole », notamment sa composition partagée entre gouvernements central et régionaux, franchissant un pas de plus vers l’affaiblissement du gouvernement central ,-voire la division de l’Irak- le partage des ressources entre les Irakiens, le rôle des régions, notamment kurde et les privilèges qui lui sont accordés, la Compagnie Pétrolière Irakienne reléguée à ne gérer que certains puits en production, etc... Mais, il est plus intéressant de se tourner vers la résistance qui commence à s’organiser contre cette loi, élaborée loin des regards indiscrets, même de ceux des parlementaires irakiens, que les journalistes irakiens ont traité comme information de routine.

La résistance
76% des Irakiens estiment que la raison principale de l’invasion de leur pays par les troupes US était la volonté de Bush et de ses alliés britannique et australien de « prendre le contrôle du pétrole ». Le Parlement est la première ligne de défense puisque le texte aurait dû être adopté depuis mars, impératif posé par les Républicains et les Démocrates pour juger de la viabilité du gouvernement al-Maliki. Le ministère du Pétrole, réduit dans la loi à la portion congrue, s’insurge et comme le note un analyste pétrolier, Rafiq Latta, « Toute la culture du ministère s’oppose à (cette loi) ….Ces gens ont géré l’industrie pendant toutes ces années de sanctions. C’était un travail impressionnant et ils étaient fiers de « leur pétrole ».

Mais l’opposition la plus formidable vient de la Fédération des Syndicats du Pétrole forte de 26 000 membres et de ses alliés dans les autres unions. Ils ont fait capoter des contrats instituant un contrôle de multinationales sur certaines installations. Ils ont lancé une vigoureuse campagne dès juin 2005 contre le projet de privatisation US. En janvier 2006, ils ont convoqué une convention réunissant tous les principaux syndicats irakiens à Amman et publié un manifeste où ils dénonçaient l’ensemble du programme néo-libéral US pour l’Irak. En décembre 2006, ils ont affirmé s’opposer à la loi même si elle était adoptée.

La Résistance armée est elle aussi contre cette loi et le Vice Président Adel Abdul Mahdi, partisan de la loi, fut victime d’un attentat, le jour où le projet de loi fut rendu public. Une autre organisation de la Résistance, les Brigades de la Révolution de 1920, (en référence au combat mené contre l’occupant anglais) est prête à frapper tout membre du gouvernement « fantoche » irakien qui voterait la loi. Elles considèrent que la hâte avec laquelle les Etats-Unis ont poussé à l’adoption de ce texte prouve qu’ils sont conscients que leur occupation est de plus en plus hasardeuse. Les Sadristes ne sont pas en reste « nous voulons le développement de notre pétrole, pas qu’il soit volé. Si une mauvaise loi était passée, le peuple irakien y résisterait ». Les Sadristes craignent d’ailleurs que la loi ne fasse voler en éclats l’ « unité de l’Irak ». L’Association des Oulémas Irakiens a émis une « fatwa » (opinion religieuse) interdisant aux députés de voter en faveur du projet de loi sur le pétrole dans son état actuel. Ce qui ne peut qu’alimenter l’opposition des sunnites fondamentalistes.

Pour Bush, ce texte devait consacrer la « réconciliation nationale » entre Sunnites, Chiites et Kurdes - et la crédibilité du gouvernement Maliki auprès des Etats-Unis - puisque « un accord décisif » avait été atteint sur la répartition des revenus du pétrole en proportion de la population de régions et des provinces. En réalité, la loi ne reflète en rien ce compromis mais laisse à des textes législatifs ultérieurs et séparés, le soin de répartir les revenus pétroliers… dans le cadre des PSA. Or, dès la nationalisation du pétrole, les Irakiens n’eurent nul besoin de textes législatifs pour tirer partie de la de la manne pétrolière à des fins de développement puisque le pétrole était leur sans discrimination ethnico-religieuse. Il est d’ailleurs faux de prétendre que l’Irak a besoin d’investissements étrangers pour moderniser son industrie pétrolière. D’autres options financières et juridiques existent sans recourir aux PSA, comme le montrent les cas de l’Algérie ou de l’Iran avec leurs contrats de Risk Service Contract et Buyback Contract.

Il s’agit, en fait, pour les Etats-Unis de mettre la main militairement et économiquement sur l’Irak. Dans cette perspective, la construction à Bagdad de la plus grande ambassade des Etats-Unis du monde se comprend mieux… ou encore qu’Halliburton a transféré son siège social du Texas à Dubai !!!

(AFI- Flash n°74 - 9/7/07)


Sources :
New Oil Law Means Victory in Iraq for Bush, par Chris Floyd
www.truthout.org/docs_2006/010807A.shtml,
Powers on George Tenet, the CIA, and the Invasion of Iraq
www.tomdispatch.com/index.mhtml?pide=192709
Crude Designs: The Rip-Off of Iraq’s Oil Wealth, par Greg Muttitt
www.globalpolicy.org/security/oil/2005/crudedesigns.htm -
The US Takeover of Iraqi Oil, par Joshua Holland
www.globalpolicy.org/security/oil/2006/1017takeover.htm
Bush’s Petro-Cartel maneuvering over Iraq’s Oil, par Joshua Holland

Sommaire du bulletin des Amitiés franco-irakiennes n°74
« Mission accomplie : nous avons le pétrole ! », par Xavière Jardez – La mort du « capitaine Karim » - Les marines s’entraîneront bientôt dans le Néguev – Des pertes officielles américaines de plus en plus lourdes – ONU : le scandale de la Cocovinu – Revue de presse: Le monde entier est-il antisémite, (Haaretz), Le Fatah al islam au service des occidentaux, (Al Ahram)- Brèves…

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